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Discours au deuxième Forum féminin eurasien

Discours au deuxième Forum féminin eurasien (French only)
Saint-Pétersbourg, 20-21 septembre 2018

Madame la Présidente,

Chères et chers collègues,

Mesdames et Messieurs,

C'est un grand honneur pour moi de représenter l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à ce deuxième Forum féminin eurasien.

J'aimerais remercier Madame Valentina Matvienko, Présidente du Conseil de la Fédération de la Fédération de Russie et également Présidente de cette conférence, pour son invitation. Le thème du Forum me tient particulièrement à cœur. Il est un fil conducteur de mon engagement politique et l'une de mes priorités en tant que Présidente.

C'est aussi un plaisir pour moi d'être parmi vous et de voir cet hémicycle plein de couleurs différentes, des femmes et des hommes venant de plein de pays du monde, et j'aimerais que nos parlements rassemblent plus à cet hémicycle.

Mesdames et Messieurs,

J'aimerais évoquer aujourd'hui deux sujets qui sont d'une importance primordiale pour faire avancer la cause de l'égalité entre les femmes et les hommes. Il s'agit de

  • la lutte contre la violence faite aux femmes et de
  • la représentation des femmes en politique.

Mesdames et Messieurs,

La violence faite aux femmes est un fléau majeur dans tous nos pays. Elle est en même temps une cause et une conséquence de l'inégalité entre les femmes et les hommes.

Il est impératif de briser le silence qui a trop longtemps prévalu autour de ce phénomène, que ce soit dans la famille, sur le lieu de travail ou dans tous les lieux de la vie publique comme au cœur des institutions étatiques.

En tant que parlementaire, je peux témoigner que, même dans les parlements, les femmes ne sont pas à l'abri. À cet égard, je voudrais me référer à l'étude sur le sexisme, le harcèlement et la violence sexuelle à l'égard des femmes dans les parlements en Europe que Mme Gabriela Cuevas Barron, Présidente de l'Union interparlementaire, vient de mentionner dans son discours. Je compte participer personnellement au lancement officiel de l'étude, le 16 octobre prochain, à Genève.

Un des outils pour lutter contre la violence faite aux femmes est la Convention d'Istanbul. Cette convention demande aux Etats de prendre des mesures pour prévenir la violence faite aux femmes, punir les auteurs et assister les victimes, trois éléments indissociables d'une lutte couronnée de succès contre un fléau qui mine l'ensemble de la société.

Cette convention est "faite en Europe mais pas que pour l'Europe": tous les états dans toutes les régions du monde peuvent y adhérer.

L'Assemblée parlementaire est profondément engagée dans sa promotion et dans la sensibilisation des parlementaires au phénomène de la violence, par le biais de son Réseau parlementaire pour "le droit des femmes de vivre sans violence". Ce Réseau permet aux parlementaires d'échanger leurs expériences, de discuter des problèmes rencontrés et de chercher ensemble des solutions. Dans ce contexte, j'aimerais souligner que le but de la Convention est de combattre la violence faite aux femmes. Contrairement à ce que l'on a pu entendre çà et là, dans une malheureuse tentative de récupération partisane et politicienne, elle ne prétend pas du tout dicter ce qu'est « la famille ».

Nous sommes tout à fait disposés à partager avec vous plus d'informations sur le Réseau et j'espère que nous pourrons étendre son action.

Mesdames et Messieurs,

J'arrive maintenant au deuxième sujet que j'aimerais évoquer avec vous : la représentation des femmes en politique.

Depuis la création du Conseil de l'Europe en 1949, notre Assemblée parlementaire œuvre en faveur d'une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans la vie politique, ce qui constitue le fondement d'une démocratie véritablement représentative, même si elle doit aussi balayer devant sa porte si on songe, par exemple, que je ne suis que la 4e femme, en 69 ans, à accéder à la Présidence de l'Assemblée.

Ce seuil de représentation minimal reste encore un objectif à atteindre pour certains de nos pays. L'Assemblée parlementaire est prête à partager son expertise sur les mécanismes pouvant être mis en place pour renforcer la représentation politique des femmes.

Madame la Présidente, chères et chers collègues, Mesdames et Messieurs,

Je salue l'approche multidisciplinaire de ce Forum, étant donné que toute avancée vers l'égalité dans un domaine aura des retombées positives sur les autres et contribuera à l'évolution des mentalités dans la société.

Je salue, d'autant plus, la vision stratégique qui en est à la base et, dans ce contexte, je me permets de rappeler que la Fédération de Russie a adopté, en 2017, un Plan d'action national pour les femmes pour les années 2017 à 2022. Je considère que ce Plan d'action constitue une étape extrêmement positive et un bon exemple d'approche multidisciplinaire qui mérite d'être étudié, comme tous les autres exemples existant dans nos Etats membres qui seront exposés au cours de ces deux jours.

Je me réjouis, enfin, du regard vers l'avenir porté par ce Forum : il se penche sur les moyens d'atteindre l'égalité entre les femmes et les hommes maintenant, mais aussi sur la façon d'empêcher que de nouvelles inégalités ne s'installent à l'avenir ; je pense, en particulier, à la prévention du fossé numérique et à la manière de promouvoir la présence des filles dans les secteurs tels que les sciences, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques, une question qui sera abordée dans le cadre d'un atelier spécifique. Nous allons suivre ces travaux avec beaucoup d'intérêt.

Je vous remercie de votre attention.